Fabrication des lames : techniques, histoire : Différence entre versions

De La Mouche VII
(Techniques de fabrication)
 
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=== Le « damas soudé » ===
 
=== Le « damas soudé » ===
  
Le terme de « damas » peut désigner deux choses entièrement différentes : l'utilisation d'un acier indien très réputé au Moyen-Âge, l'acier de Wootz, ces armes étant connues des Européens via le port syrien de Damas<ref name="chemistry">Goffer, Zvi, Archaeological chemistry, Hoboken : John Wiley & Sons, 2007. Disponible sur [http://books.google.com/books?id=PQ9cqiB4YVAC&pg=PA203&dq=damascus+steel&hl=en&ei=EjvwTbXpB4Sp8QOW9bymBw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&ved=0CDwQ6AEwAg#v=onepage&q=damascus%20steel&f=false Google Books]</ref> ; ou l'obtention d'un acier composite en formant un lopin (sorte de lingot) à partir d'aciers de duretés diverses, en couches alternées soudées entre elles. L'acier de Wootz présente naturellement à la fois un taux de carbone (et donc une dureté) ponctuellement très importante, et une grande variation du taux de carbone à l'intérieur d'une même pièce d'acier. Révélé à l'acide, il produit des motifs. L'emploi du même terme pour des aciers composites formés à partir de lopins, mais dont l'origine n'a rien à voir avec Damas, est probablement due au fait que ces aciers montrent les mêmes propriétés (variation du taux de carbone, motifs)<ref name="blast">Williams, Alan R., ''The knight and the blast furnace: a history of the metallurgy of armour in the Middle Ages & the Early Modern period'', Leiden : Brill, 2003. Accessible sur [http://books.google.com/books?id=PQ9cqiB4YVAC&pg=PA203&dq=damascus+steel&hl=en&ei=EjvwTbXpB4Sp8QOW9bymBw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&ved=0CDwQ6AEwAg#v=onepage&q=damascus%20steel&f=false Google Books]</ref>. Nous parlerons ici du second type de damas, créé de manière artificielle par soudure, d'où le terme de « damas soudé » que nous empruntons à la terminologie anglophone (''welded Damascus'' et, plus couramment, ''pattern-welding''<ref name="blast" />).
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Le terme de « damas » peut désigner deux choses différentes : l'utilisation d'un acier indien très réputé au Moyen-Âge, l'acier de Wootz, ces armes étant connues des Européens via le port syrien de Damas<ref name="chemistry">Goffer, Zvi, Archaeological chemistry, Hoboken : John Wiley & Sons, 2007. Disponible sur [http://books.google.com/books?id=PQ9cqiB4YVAC&pg=PA203&dq=damascus+steel&hl=en&ei=EjvwTbXpB4Sp8QOW9bymBw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&ved=0CDwQ6AEwAg#v=onepage&q=damascus%20steel&f=false Google Books]</ref> ; ou l'obtention d'un acier composite en formant un lopin (sorte de lingot) à partir d'aciers de duretés diverses, en couches alternées soudées entre elles. L'acier de Wootz présente naturellement à la fois un taux de carbone (et donc une dureté) ponctuellement très importante, et une grande variation du taux de carbone à l'intérieur d'une même pièce d'acier. Révélé à l'acide, il produit des motifs. L'emploi du même terme pour des aciers composites formés à partir de lopins, mais dont l'origine n'a rien à voir avec Damas, est probablement due au fait que ces aciers montrent les mêmes propriétés (variation du taux de carbone, motifs)<ref name="blast">Williams, Alan R., ''The knight and the blast furnace: a history of the metallurgy of armour in the Middle Ages & the Early Modern period'', Leiden : Brill, 2003. Accessible sur [http://books.google.com/books?id=PQ9cqiB4YVAC&pg=PA203&dq=damascus+steel&hl=en&ei=EjvwTbXpB4Sp8QOW9bymBw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=3&ved=0CDwQ6AEwAg#v=onepage&q=damascus%20steel&f=false Google Books]</ref>. En quelque sorte, le premier matériau (acier de Wootz) est un damas « naturel », le second (acier composite obtenu par soudure puis forge) est un damas « artificiel ». Nous parlerons ici du second type de damas, d'où le terme de « damas soudé » que nous empruntons à la terminologie anglophone (''welded Damascus'' et, plus couramment, ''pattern-welding''<ref name="blast" />).
  
 
Cette technique apparaît en Europe au IIIè s. ap. J.-C. et disparaît après le Xè s., quoiqu'on trouve encore des lames en damas soudé dans la Baltique au XIIè s.<ref name="blast" />
 
Cette technique apparaît en Europe au IIIè s. ap. J.-C. et disparaît après le Xè s., quoiqu'on trouve encore des lames en damas soudé dans la Baltique au XIIè s.<ref name="blast" />

Version actuelle en date du 9 juin 2011 à 20:11

Techniques de fabrication

Le « damas soudé »

Le terme de « damas » peut désigner deux choses différentes : l'utilisation d'un acier indien très réputé au Moyen-Âge, l'acier de Wootz, ces armes étant connues des Européens via le port syrien de Damas[1] ; ou l'obtention d'un acier composite en formant un lopin (sorte de lingot) à partir d'aciers de duretés diverses, en couches alternées soudées entre elles. L'acier de Wootz présente naturellement à la fois un taux de carbone (et donc une dureté) ponctuellement très importante, et une grande variation du taux de carbone à l'intérieur d'une même pièce d'acier. Révélé à l'acide, il produit des motifs. L'emploi du même terme pour des aciers composites formés à partir de lopins, mais dont l'origine n'a rien à voir avec Damas, est probablement due au fait que ces aciers montrent les mêmes propriétés (variation du taux de carbone, motifs)[2]. En quelque sorte, le premier matériau (acier de Wootz) est un damas « naturel », le second (acier composite obtenu par soudure puis forge) est un damas « artificiel ». Nous parlerons ici du second type de damas, d'où le terme de « damas soudé » que nous empruntons à la terminologie anglophone (welded Damascus et, plus couramment, pattern-welding[2]).

Cette technique apparaît en Europe au IIIè s. ap. J.-C. et disparaît après le Xè s., quoiqu'on trouve encore des lames en damas soudé dans la Baltique au XIIè s.[2]

Données techniques

Les données en italique indiquent des données converties (donc moins exactes).

  • Dureté (Brinell, Vickers, Rockwell C) : ces procédés de test impliquent tous de poinçonner l'acier avec une machine et de mesurer l'impact produit (les méthodes de calcul et les modalités de test varient). Pour la conversion entre ces échelles, voir ici ou . À noter pour la comparaison entre les valeurs : l'échelle Brinell est linéaire, l'échelle Rockwell est exponentielle[3].

Métaux de base

Matériau Équivalents Composition Description Dureté

(Brinell)

Dureté

(Vickers)

Dureté

(Rockwell C)

Refs.
Bronze « historique » 85-95% cuivre, 5-15% étain, traces éventuelles de plomb, arsenic Hors échelle (recuit)

245 (travaillé à froid)

60 (recuit)

258 (travaillé à froid)

Hors échelle (recuit)

24 (travaillé à froid)

[1]
AISI 1015 XC 15 ou XC 18 Carbone : 0,13% à 0,18% Acier doux classique (construction, etc.) ca. 111-126

(normalisé à 925°C : 121)

ca. 120-130 Hors échelle [2]
AISI 1075 XC 75 Carbone : 0,70% à 0.80% Acier dur classique, souvent utilisé pour les lames ca. 470-495

(trempe typique sur lame moderne)

ca. 500-540

(trempe typique sur lame moderne)

ca. 49-51

(trempe typique sur lame moderne)

[3]

Spécimens historiques

Nom Origine Description Dureté

(Brinell)

Dureté

(Vickers)

Dureté

(Rockwell C)

Refs.
Netherlands Army Mus. OP 11 16è s. 429 455 46 [4]

Notes

  1. Goffer, Zvi, Archaeological chemistry, Hoboken : John Wiley & Sons, 2007. Disponible sur Google Books
  2. 2,0, 2,1 et 2,2 Williams, Alan R., The knight and the blast furnace: a history of the metallurgy of armour in the Middle Ages & the Early Modern period, Leiden : Brill, 2003. Accessible sur Google Books
  3. http://forum.onlineconversion.com/showthread.php?t=5698